Depuis l’enfance, Dominique Savary n’a qu’une seule envie, devenir agriculteur, comme son père qui avait repris la Ferme du Grand-Clos de son oncle. Après son apprentissage d’agriculteur, il fait plusieurs stages, notamment en Suisse-alémanique et en Allemagne, mais aussi de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis et au Canada. Ses expériences à l’étranger lui apprennent d’autres manières d’exercer le métier. A son retour en Suisse, il passe sa maîtrise fédérale et travaille aux côtés de son père, avec qui il s’associe en 1983. Au sein de l’exploitation du Grand-Clos, trois AOP sont représentées : la Poire à Botzi AOP qu’ils cultivent sur leur terrain, le Gruyère AOP et le Vacherin Fribourgeois AOP. Selon Dominique Savary, « les AOP sont importantes pour l’agriculteur, permettant aux producteurs d’avoir une identification et une attache à des produits et donc plus de motivation pour exercer un métier difficile. »

D’agriculteur à maître-éleveur

Ce que Dominique Savary préfère dans son métier d’agriculteur, c’est l’élevage. Il s’est ainsi rapidement impliqué dans différentes organisations, telles que Holstein Switzerland, dont il a tenu la présidence pendant onze ans, ainsi que plusieurs commissions liées à l’élevage. Il s’est également toujours beaucoup intéressé à la génétique, qui selon lui « est un domaine passionnant et qui évolue très vite ». L’agriculteur s’est donc investi dans ce secteur en rejoignant le comité de Swissgenetics dont il a repris la présidence il y a cinq ans, à la fin de son mandat pour Holstein Switzerland. Bien qu’elles lui prennent énormément de temps, ces activités lui ont permis de se forger un grand réseau national et international dans le milieu de l’élevage. En 2015, le travail et l’implication de Dominique Savary ont payé lorsqu’il a reçu le titre de Maître-éleveur. Ce titre prend en compte les performances d’un élevage sur une durée de 16 ans : « C’est une belle reconnaissance car seulement cinq titres sont décernés par années dans toute la Suisse. Ce titre signifie que mes vaches se rapprochent de l’idéal de la race, que ce soit dans leurs performances laitières ou dans les aspects morphologiques du troupeau. »

D’agriculteur à photographe

En plus de l’élevage et de la génétique, Dominique Savary a une autre passion, la photographie. L’agriculteur a débuté la photographie lors des ses voyages pour la sélection génétique. Cependant, ses premières photos ne le satisfaisaient pas : « mes clichés ne rendaient pas complétement justice aux vaches que je voyais ». Il a alors cherché à s’améliorer en apprenant la technique à l’aide d’Internet et a su aiguiser son œil avec l’expérience. Son domaine de prédilection est, sans surprise, le monde de l’agriculture et des animaux : « J’aime montrer la poésie des gestes qui se font tous les jours, de la tradition et du terroir. Ma volonté et mon défi sont de constamment trouver le moyen de mettre en valeur les personnes et les animaux que je prends en photo. » S’il a déjà beaucoup progressé au fil des années, Dominique Savary aimerait encore davantage améliorer sa technique : « C’est un projet pour plus tard, peut-être pour ma retraite, car cela demande énormément de temps et d’entraînement pour devenir bon. Malheureusement, ce n’est pas possible actuellement, le temps me manque. » Et pour l’instant, il ne souhaiterait en tout cas pas tout lâcher pour vivre de la photographie : « J’aime trop le contact avec les animaux et la terre, ça me manquerait. Et puis de toute façon, j’ai toujours eu plusieurs métiers, cela me convient bien. »