Depuis la création de l’IPVF en 1995, la filière du Vacherin Fribourgeois AOP a beaucoup évolué. Qu’est-ce qui a marqué ces trente dernières années ? Rencontre avec plusieurs acteurs majeurs de la filière.
Urs Schwaller
Président de l’IPVF
Vous êtes président de l’IPVF depuis 2016, quel souvenir gardez-vous du jour où l’on vous a sollicité pour la présidence ? Comment ça s’est passé ?
Je me souviens très bien de mon entretien téléphonique avec le Conseiller national et premier Président Jean-Nicolas Philipona que j’ai apprécié. Il m’avait alors dit : il nous faut aussi à l’avenir un Président qui sait écouter et qui veut trouver avec les trois groupes de la filière une stratégie et des solutions dans l’intérêt d’un excellent produit de notre canton. C’est l’unité qui fait la force et la recherche de cette unité exige de l’indépendance, du temps et la volonté de toujours avancer.
Quel regard portez-vous sur ce qui avait été fait avant votre arrivée à la présidence ?
Je pense que l’Interprofession avec ses délégués et membres du Comité, avec ses trois Directeurs Christian Castella, Nadine Gobet et ensuite Romain Castella ont fait du bon travail pour le Vacherin Fribourgeois AOP. Il est aujourd’hui bien positionné et établi dans un marché très concurrentiel. Depuis le début nous avons toujours travaillé et avancé pour rester crédible auprès des consommateurs qui ont le choix et par conséquent le dernier mot.
Quelles évolutions majeures a connues le Vacherin Fribourgeois AOP ces dix dernières années ?
Ces dix dernières années et sans vouloir être exhaustif, je pense pouvoir affirmer que la qualité du produit, la gestion des quantités, la lutte contre les « copies -Vacherin », l’offre de production de Vacherin Fribourgeois AOP en compensation de la suppression d’autres pâtes mi-dures nous ont beaucoup occupés. Je n’oublie pas la gestion des quantités dans un environnement très concurrentiel et offensif qui a exigé des discussions parfois difficiles entre les trois groupes. Avec la vue tournée sur l’avenir dans nos exploitations agricoles nous avons aussi trouvé une solution pour le robot de traite.
Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre fonction de Président de l’IPVF ?
La fonction de Président exige de l’écoute et la volonté de trouver à la fin – si possible à l’unanimité – des solutions tournées vers l’avenir. C’est l’intérêt du produit qui doit primer sur l’intérêt particulier d’un groupe. Je reste convaincu que du bon chemin a été fait. En plus, nous continuerons à nous investir pour éliminer des copies, c’est-à-dire des produits qui font du tort au Vacherin Fribourgeois AOP et par conséquent à toutes celles et ceux qui respectent les règles de l’Interprofession.
Quels sont, selon vous, les grands défis pour le Vacherin Fribourgeois AOP à moyen-terme ?
Nous voulons contribuer à assurer l’avenir économique de nos membres ce qui exige un excellent produit AOP et une valeur ajoutée pour les trois filières. Nous continuerons à nous battre pour notre Vacherin Fribourgeois AOP qui a de l’avenir si nous tenons tous la ligne.